Interviews

Olivier, 29 ans, technicien supérieur de laboratoire en radiopathologie

Olivier est technicien supérieur en laboratoire. Il travaille dans la recherche fondamentale et se consacre notamment à l’étude des cerveaux d’embryons de souris.

En quoi consiste votre métier ?

Je suis technicien supérieur en laboratoire. Je travaille dans la recherche fondamentale.

C’est-à-dire ?

Je fais des recherches qui n’ont pas de valeur commerciale. Elles ont uniquement pour but de comprendre et d’expliquer des phénomènes. Je travaille avec une équipe de dix personnes et dépend directement d’un ingénieur chercheur qui me donne des directives de recherches. Après, je m’occupe du déroulement des expériences de A à Z.

Concrètement, vous travaillez sur quoi en ce moment ?

Les axes de recherche peuvent changer, mais depuis un an et demi je travaille sur la neurogenèse, pour comprendre le rôle et le comportement des cellules souches neurales.

Comment se déroulent vos expériences ?

Les manipulations durent plusieurs semaines. Tout d’abord on récupère des cerveaux d’embryons de souris (eh oui, c’est un peu dégoûtant) qui ont été irradiés ou non, puis ils sont conservés dans des conditions qui permettent de maintenir leurs structures en bon état pour les expériences. On coupe les cerveaux en très fines lamelles, chaque type de neurone est repéré grâce à des anti-corps fluorescents spécifiques. Ainsi nous pouvons regarder le comportement des différentes populations cellulaires dans plusieurs zones du cerveau. Nous regardons ensuite les effets des irradiations sur les cellules. Pourquoi certaines cellules meurent alors que d’autres survivent ? pourquoi certaines cellules ne se divisent plus…

Qu’est-ce qui est le plus sympa dans votre métier ?

Quand la manipulation marche et que tout se passe comme prévu.

Et qu’est-ce qui est le moins sympathique ?

Le plus difficile dans la recherche, c’est de faire des manipulations qui durent longtemps et qui ne conduisent à rien. Ça peut parfois être frustrant !

D’où vous vient cet intérêt pour la recherche ?

C’est ma prof de biologie, en seconde, qui me l’a transmis. Depuis, je suis toujours passionné. C’est une matière intéressante et
qui n’est pas figée : on apprend tous les jours de nouvelles choses.

Quelles études avez-vous faites ?

J’ai eu un bac scientifique. Puis, j’ai fait un BTS en biochimie. Car la biologie m’intéressait et que je ne voulais pas l’étudier à la faculté. J’étais jeune et j’avais encore besoin d’être encadré. Puis j’ai fait une année de spécialisation en biologie moléculaire et culture cellulaire en alternance. Cette expérience m’a permis de faire un stage au CEA, qui m’a ensuite embauché. L’alternance est la meilleure entrée sur le marché de l’emploi.

Avez-vous un conseil à donner aux jeunes qui aimeraient se lancer dans la recherche ?

Une expérience, c’est toute une histoire : il faut s’investir pleinement, et être aussi patient, acharné, curieux.

Quels sont vos projets ?

J’aimerais continuer ce projet jusqu’au bout, puis présenter les résultats dans une revue scientifique de qualité.

Propos recueillis par Diane Dussud
© photo : F.Rhodes/CEA - Video Mircoscope 4D

  • Formation

Bac S

+ BTS de biochimie.

 


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