Interviews

Bernard, 50 ans, radiologue en milieu industriel

Sa spécialité, c’est la face cachée des choses. Bernard scrute l’intérieur de la matière grâce à des techniques sophistiquées et apporte des réponses aux industriels.

Que faites-vous ?

Je travaille dans le domaine du contrôle non destructif. La technique que j’utilise permet de regarder l’intérieur de la matière. J’ai, par exemple, été sollicité par des industriels fabricants de flexibles pétroliers. On peut les comparer à des flexibles de douche, mais d’épaisseur et de diamètre plus important constitués de plusieurs couches. Les fabricants voulaient voir comment ces flexibles se comporteraient en mer et résisteraient à la pression de l’eau. J’ai donc visualisé sur des maquettes le comportement des armures à l’intérieur des flexibles. Parfois, on m’apporte des prototypes de pièces afin que j’en visualise l’intérieur. Dans le passé, j’ai aussi été responsable pour le CEA du contrôle radiographique des soudures de tubulures de cuves de certains réacteurs nucléaires.

Quelles techniques utilisez-vous ?

Pour faire ces contrôles radiographiques, il faut d’abord traverser la matière qu’on étudie. Pour cela, on utilise des sources radioactives (cobalt 60 ou iridium 192) ou des générateurs de rayons X. Ensuite, il faut pouvoir visualiser les résultats. Là, on a besoin de films argentiques ou de détecteurs numériques.

 


Vous avez récemment travaillé sur la Venus de Milo. Pouvez-vous préciser ?

Effectivement, nous avons contrôlé la Vénus de Milo au Musée du Louvre. Il s’agissait de voir si cette statue pouvait être déplacée sans dommage. Nous avons donc regardé l’intérieur de la Venus. Nous n’avons pas vu de grosses fissures ou d’autres dégradations qui auraient pu s’opposer à son déplacement. En revanche, nous avons identifié à l’intérieur la présence d’un insert métallique montrant qu’elle avait été consolidée. Nous intervenons sur des matériaux très différents, de l’acier, du marbre, du bois…

 

Vous destiniez-vous à cette spécialité au départ ?

Pas du tout. J’aurais logiquement dû être chef de chantier ou conducteur de travaux dans le génie civil. Et je me suis finalement retrouvé dans une société de contrôle, sans trop savoir ce que c’était. Là, j’ai suivi une formation et ai fait mes premières armes. Et ça m’a plu.

Justement, qu’est-ce qui vous plait le plus ?

Je suis attiré par l’image. J’aime aussi le côté caché des choses, mettre en évidence des réalités qu’on ne soupçonnait pas. Je suis également très sensible à la prévention des risques liés à l’utilisation des sources radioactives. A cet égard, je fais partie d’un jury d’examinateurs pour le Certificat d’aptitude à manipuler des appareils de radiographie et de radioscopie industriels. Je fais donc passer cet examen, qui est un peu un permis d’utilisation. Mon métier est donc très diversifié. C’est un vrai plus !

Propos recueillis par Véronique Gérardin

© photo CEA

  • Formation

Bac E (mathématiques et technique)

+ DUT génie civil,

+ formation continue en contrôle non destructif.

 


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