
Loïc, 22 ans, apprenti fraiseur
Loïc, fraiseur, est membre de l’Equipe de France des Métiers. En septembre prochain, il ira au Canada pour tenter de remporter la médaille d’or dans la catégorie fraisage, aux Olympiades des Métiers.
Quel est ton parcours scolaire ?
Après la 3ème, j’aurai pu aller en 2nde générale mais ça ne m’intéressait pas. Je suis passionné de mécanique et je souhaitais évoluer dans la voie professionnelle. C’est pourquoi j’ai fait un BEP Métiers de la production mécanique informatisée. J’ai enchaîné avec un bac professionnel technicien d’usinage et je viens de finir mon BTS Industrialisation des produits mécaniques. À la rentrée, j’intégrerai l’école d’ingénieurs d’Orléans pour 3 ans.
En quoi consiste ton métier ?
Le métier de fraiseur est un métier de l’ombre parce que le grand public ne le connaît pas. Pourtant, on intervient sur n’importe quel outil du quotidien (téléphone, moteur de voiture...). Je pars d’une pièce brute, par exemple d’un carré, et je programme et supervise l’outil – la fraiseuse – qui va tailler des formes dans cette pièce. On travaille principalement avec de l’acier, et pour toutes sortes d’entreprises. Il y a toujours de nouvelles choses à apprendre !
Sur quels types de machines travailles-tu ?
Il y a 10 à 15 ans, les fraiseurs travaillaient sur des machines manuelles. Aujourd’hui, grâce aux évolutions technologiques, on travaille sur des machines à commande numérique. Pour les utiliser, il faut des bases en programmation. Le fraiseur d’aujourd’hui fait aussi beaucoup de surveillance.
Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?
Il faut aimer ce qu’on fait ! Etre patient, minutieux et avoir la tête sur les épaules. On réalise des pièces qui coûtent 15 à 17 000 euros alors on n’a pas le droit à l’erreur ! Il faut faire preuve d’une extrême précision de l’ordre du millimètre ou du micromillimètre.
Pourquoi participes-tu aux Olympiades des Métiers ?
Je me suis lancé dans cette aventure car elle m’offrait l’opportunité d’aller au Japon (pour les finales internationales). En 2007, j’ai terminé 3e. Cette année, mon but est de revenir avec la médaille d’or. Si je gagne, cela m’apportera une reconnaissance professionnelle.
Comment t’y prépares-tu ?
J’ai eu un entraînement physique et mental de deux semaines à Vichy et en région PACA. Le rythme des épreuves sera intense ! L’essentiel est de rester concentré sur son travail.
Envisages-tu de participer à d’autres compétitions et quels sont tes projets ?
Il reste le concours du meilleur ouvrier de France. Honnêtement, gérer mon BTS et les Olympiades était déjà difficile alors je me vois mal jongler entre ce concours et mes études d’ingénieur.
Je souhaite continuer à évoluer dans l’usinage et devenir ingénieur en production industrielle. Je répartirai les tâches, constituerai des équipes et gérerai des projets. Je suis confiant quant à mon insertion professionnelle car j’ai 6 ans d’expérience !
Quel message souhaites-tu faire passer aux jeunes ?
Mon message s’adresse aux jeunes qui souhaitent s’engager dans la voie professionnelle : faites de l’alternance ! On gagne en maturité et en expérience.
Propos recueillis par Mayda Bakri