Interviews

Anne-Charlotte, 32 ans, ingénieur chercheur en radiochimie

L’environnement est un sujet qui a toujours passionné Anne-Charlotte. Après deux ans de classes préparatoires, elle s’est dirigée vers la chimie, puis s’est spécialisée en radiochimie. Aujourd’hui, elle travaille dans un laboratoire dont la mission consiste à réduire la nocivité des déchets nucléaires.

Parlez-nous de votre métier.

Mon objectif, c’est d’étudier des procédés pour fabriquer des solides contenant des éléments très radioactifs afin de réduire la toxicité des déchets nucléaires. Pour ce faire, on élabore une solution contenant les éléments radioactifs souhaités (uranium, plutonium et autres atomes radioactifs) puis, par différents procédés, on la transforme en solide. Ainsi, on diminue la radioactivité des déchets nucléaires en vue d’améliorer le fonctionnement du stockage géologique. Dans le futur, ces solides pourront alimenter des réacteurs nucléaires pour produire de l’électricité.

Comment se compose votre équipe ?

Elle est composée de quatre ingénieurs chercheurs, trois techniciens supérieurs et en moyenne de trois doctorants.

De quelle façon organisez-vous votre emploi du temps ?

Je passe la moitié de mon temps au laboratoire où je réalise et analyse les expériences. Il faut en général, une à deux semaines pour préparer et caractériser celle-ci, une journée pour fabriquer le solide à partir de la solution, puis deux semaines pour analyser les résultats. Le reste du temps, je suis au bureau. Je rédige les comptes-rendus d’expériences, je lis des articles scientifiques permettant de comprendre et d’interpréter les essais que l’on a menés et j’établis des protocoles expérimentaux. Je participe également à des congrès scientifiques.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre métier ?

J’aime le travail de recherche appliquée car on reste dans la réalité. J’aime aussi le suspense lié aux expériences. En effet, on ne sait jamais totalement ce qui va se passer. Il y a toujours une part de mystère. Mes journées ne sont pas de longs fleuves tranquilles, elles sont toutes différentes. C’est appréciable !

Et qu’appréciez-vous le moins ?

Les manipulations prennent souvent plus de temps que prévu et les expériences ne sont pas toujours faciles à interpréter. De plus, certaines expérimentations viennent parfois remettre en cause des analyses précédentes. Nous n’avançons pas toujours comme nous l’avions planifié au départ, mais finalement c’est tout le charme de la recherche...

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent travailler dans ce domaine ?

En radiochimie, il faut être particulièrement rigoureux et précis, car nous manipulons des éléments radioactifs. Plus généralement, pour travailler dans la recherche, il faut être curieux et surtout motivé pour mener des projets sur le moyen voire le long terme.

Propos recueillis par Diane Dussud
Légende photo : travaux sur la séparation des actinides* dans une boîte-à-gants d’Atalante, à Marcoule - © T.Foulon/ CEA

* Les actinides sont tous des éléments radioactifs (définition de radioactivité) qui se situent dans le tableau périodique des éléments entre l’actinium et le lawrencium et possèdent donc un numéro atomique (définition de numéro atomique) entre 89 et 103 inclus. Les réacteurs génèrent du plutonium (définition du plutonium) et, en quantité moindre, d’autres actinides qui sont appelés « mineurs ». Tous constituent une grande partie des déchets radioactifs (définition de déchets radioactifs) à haute activité et longue durée de vie (HALV).

  • Formation

Bac Scientifique

+ classes préparatoires Maths Sup’, Maths Spé

+ magistère (ancienne appellation pour master) de chimie

+ doctorat en radiochimie.

 


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