
Valérie, 37 ans, chef de projet démantèlement
Sur quel type de projet travaillez-vous ?
Je travaille sur le projet de démantèlement de l’Atelier Pilote de Marcoule, qui est une installation dans laquelle ont été développés entre autres des procédés de retraitement de combustibles. Chaque usine a une durée de vie moyenne. Celle-ci a été mise en route en 1962 et a été mise à l’arrêt en 1997. Depuis nous travaillons à son assainissement et à son démontage, et ce jusqu’en 2020 !
Vous avez donc du travail jusqu’en 2020 ?!
Oui, si je le souhaite, mais je ne pense pas rester jusqu’à la fin du projet. Mon poste actuel est très intéressant, tourné vers la communication, varié, avec un important travail d’équipe et j’ai beaucoup de responsabilités.
J’aime changer de poste régulièrement pour être toujours motivée par ce que je fais.
Quels types de responsabilités ?
C’est un projet dont le budget s’élève à 600 millions d’euros !!! Il faut donc être bon gestionnaire.
Heureusement, je ne suis pas seule pour accomplir cette tâche. Dès le début, j’ai du monter une équipe d’environ 10 personnes, tous experts en déchets nucléaires, mesures physiques, scénario de démantèlement, etc… Je dois également trouver des entreprises de sous-traitance, gérer les plannings de chacun et tous les ans me préparer à des audits (réunions) auprès de mes employeurs et intervenants externes sur l’état d’avancement du travail.
Appréciez-vous de travailler en équipe ?
Beaucoup, j’ai des gens très sympas qui travaillent avec moi, il y a une bonne ambiance. Au contact des autres qui ont des expériences variées, j’apprends tous les jours et c’est là aussi un des intérêts de ce travail.
J’aime manager une équipe même si cela induit d’être toujours au top car si je n’ai pas le moral, mon équipe non plus !
Quelle qualité faut-il avoir ?
Il faut avoir un excellent relationnel, être autonome et avoir confiance en soi.
De plus, quand on travaille dans un milieu très technique, il est impératif de savoir de quoi il en retourne ! Cela nécessite d’avoir de l’expérience dans des domaines variés, ce qui est mon cas. Disons que c’est plus facile pour se faire comprendre des autres et les comprendre également…
Quel est le plus dur dans ce métier ?
Il y a beaucoup de choses à faire donc on travaille énormément. J’emmène régulièrement du travail chez moi.
Néanmoins j’adore ce travail même s’il nécessite quelques sacrifices !
Il faut savoir gérer son temps et se partager entre famille et travail.
Qu’aimeriez-vous dire à nos internautes ?
Tout ne va pas tomber tout cuit entre vos mains. Il faut savoir ce que l’on veut et provoquer sa chance. Il ne faut pas avoir peur d’apprendre. Quand j’ai pris ce poste, j’ai eu peur de gérer un tel budget car je ne fais même pas mes comptes pour moi ! Mais depuis, j’ai fait des stages et appris au contact de ceux qui savent. Tout va bien aujourd’hui !
© photo F.Vigouroux/CEA