
Challenge Innovation
La première édition du Challenge Innovation de la Direction de la recherche technologique a fait émerger plus d’une dizaine de projets porteurs de rupture technologique à l’horizon de trois à cinq ans.
Extraits choisis :
Thermoélectricité
Une télécommande sans pile chimique ? C’est possible : la température apportée par votre doigt suffit pour émettre le signal ! Un casque baladeur sans batterie ? Possible aussi : il fonctionne grâce à la chaleur de votre tête.
La thermoélectricité a le potentiel qui permet d’envisager une réelle autonomie pour des systèmes électroniques embarqués à faible consommation, en particulier quand la source d’énergie est liée au métabolisme du corps humain. Ce domaine est en train de vivre une très forte dynamique de par les améliorations de performances dues aux nanomatériaux et nanotechnologies. Grâce à eux, les paramètres de conductivité thermique et électrique pourront agir séparément.
De nombreuses autres applications sont envisageables : traçabilité et régulation de la chaîne du froid pour des produits pharmaceutiques, vêtements de sécurité intégrant des thermoéléments… Plus futuriste, des capteurs solaires thermiques grande surface pour réaliser des « routes énergétiques » qui fourniraient l’énergie nécessaire à des voitures non-polluantes et silencieuses.
Procédés verts pour microélectronique
Les procédés de fabrication de la microélectronique sont d’assez gros consommateurs d’énergie : 225 000 mètres cubes d’eau par mois, 1 200 litres de produits chimiques (acide sulfurique, fluorhydrique, solvants…), 3 ,5 mégawatts pour la salle blanche du laboratoire d’électronique et des technologies de l’information (Léti). Leur évolution pour prendre en compte le respect de l’environnement est en cours : remplacer l’eau par des fluides facilement recyclables, privilégier des procédés utilisant peu de produits chimiques, étudier et proposer de nouveaux systèmes de retraitement des fluides… Actuellement, les industriels de la microélectronique sont soumis à des directives, recommandations et normes de plus en plus strictes. Les recherches menées leur permettront d’anticiper, de prévoir et donc de s’organiser avant que les normes environnementales ne nécessitent des actions correctives trop importantes... ce qui permet d’espérer de nombreux débouchés et des transferts industriels pour ces procédés alternatifs.
Modéliser le langage humain
Les utilisateurs de traduction automatisée sont confrontés à quelques difficultés, surtout lorsque certains mots mal traduits ou mal interprétés modifient complètement le propos initial. Effectivement, pour un grand nombre de termes, il existe différentes variantes en fonction du sens qu’on veut lui donner (exemple travail peut se traduire en anglais par work, labor, labour...).
Il fallait donc créer un outil capable de recenser toutes les occurrences utilisées pour un même terme, les analyser et savoir les restituer à bon escient. Un laboratoire du CEA s’est engagé sur cette voie en développant des outils de traitement du langage naturel qui permettent de transformer l’information brute en information structurée.
Les chercheurs s’attèlent à une modélisation du langage sur la base d’une immense quantité de mots traités et stockés sur le supercalculateur Tera-10. Notons tout de même que la langue française compte à elle seule plus de 30 milliards de mots !
La première étape consiste à utiliser des moteurs de recherche pour récupérer les contenus des pages Web, traiter les données statistiques, développer des outils d’extraction des relations cherchées et durera 5 ans environ.
L’objectif est de définir une cartographie sémantique capable d’améliorer les performances des techniques de traduction automatique et de la reconnaissance de la parole, pour le français dans un premier temps et éventuellement quelques langues européennes. Cette cartographie pourra aussi être disponible par domaine (exemple la biologie).
(© photo : Marc Jary/CEA)